Trofeo Kima 52km 4200m+/-

29/09/2014 13:16

C'est bon, j'y suis ! Oui, cette course me fait rêver depuis 1 an ou deux et j'ai la chance de la courir cette année (sachant que la course a lieu tous les deux ans). En plus, la compétition fait partie des manches de coupe du monde de skyrunning, format longue distance. D'où la présence de "quelques bons"...

Au programme des hostilités, 52km et 4200m+/-, le tout, dans un terrain très technique (et c'est peu dire...).

Le départ est donc donné ce Dimanche 31 Août à 6h30 dans un petit patelin et nous sommes « que » 250 au départ (sécurité oblige !). Contrairement à ce que j'ai dis précédemment, le départ est roulant et nous commençons à remonter sur une route... La première heure de course se fera à 80% sur route... Jusqu'à là, rien de quoi me faire rêver ! Mais bon, une fois cette partie courue nous rejoignons le début des choses sérieuses... La fin de la montée (qui fait au passage un peu plus de 2000m positif...) se déroule sur un petit sentier étroit puis sur les blocs de rochers pour une arrivée au premier sommet à 2894m d'altitude quand même. Au sommet, je prends le temps de mettre mes gants car la première descente me met immédiatement dans l'ambiance pour ce qu'il en est de la suite du parcours. Je descends donc pendu aux câbles et aux cordes pour rejoindre un névé. A partir de là, je commence la transition vers le second sommet, point culminant à 2950m.
Il devient alors très difficile de courir à travers ce « chemin » fait d'énormes blocs de rochers. Cela devient plus un jeu d'équilibriste que de coureur à pied. Il faut cependant rester très attentif pour ne pas perdre le bon chemin à travers ce paysage très caillouteux...

Je progresse alors vers ce second sommet en compagnie de deux Italiens et je suis donc rassuré car je pense qu'ils doivent connaître le parcours... Jusqu'au moment où nous n'apercevons plus les traits de peinture blanc/rouge, signalant que nous sommes sur le bon tracé !
Finalement, nous entendons des gens parler sur notre gauche et nous retrouvons rapidement le bon chemin dans le brouillard très épais à près de 3000m.
Malheureusement, au lieu d'arriver de dessous, nous arrivons de dessus sur le col à 2950m (on a pas fait une bonne affaire...).

Enfin bon, s'ensuit une descente assez longue et très très (très) technique à travers les chaînes, la neige et les pierres qui partent à la roule (je ne pense pas que l'on puisse voir ça un jour en France...). Je distance les deux Italiens dans cette descente. La montée suivante se fait exclusivement en marchant et beaucoup à l'aide de la force des bras car je m'aide en tirant sur les câbles au maximum (ça pique les cuissots cette affaire, et les avant bras aussi car ils n'ont pas l'habitude de travailler...). La suite se fait toujours à travers un « chemin » très technique et où chaque moment d'inattention me fait dévier de la bonne trajectoire et donc perdre du temps. Après avoir couru depuis un petit moment tout seul, et sans personne en vue devant moi, j'aperçois enfin le Français Greg Vollet à 2'-2'30 devant. Une nouvelle montée très technique se profile alors mais les jambes répondent toujours bien et le chemin est encore long.

Petite descente, de nouveau à travers les câbles et les cordes, puis le chemin devient un instant moins technique. Je progresse alors toujours sur ce sentier marqué de peinture rouge et blanche sur les pierres mais au bout de quelques minutes de descente je ne vois plus personne devant moi et surtout, je ne vois plus de fagnons rouge... Je me retourne alors pour voir où sont mes poursuivants ; ils descendent, puis remonte au dessus d'un gros rocher alors que moi j'ai continué mon chemin en contrebas de celui-ci... Je me rends à l'évidence : JE ME SUIS PLANTE DE CHEMIN ! Et m**de...

Je remonte les 150m de dénivelé mais j'ai laissé un peu plus de 15' dans l'affaire et surtout de l'énergie dans ces cailloux... 5-6 coureurs m'ont dépassé et je sais alors que je ne pourrai jamais revenir sur Greg Vollet ou l'Italien Fulvio Dapit qui le devançait...

Dommage, j'étais alors en 8ème position, au bout de 4h de course et les jambes allaient plutôt pas mal... Le moral en prend forcément un coup et je décide donc de terminer la course en mode tranquille (surtout la dernière grosse descente de 1700m-). Du coup, je profite encore plus du parcours qui est juste grandiose, d'une technicité incroyable, où il faut même « prendre des risques » s'il on veut envoyer un peu dans les parties techniques. Je profite également des ravitos
pour me faire des bons « gueuletons » de chocolat/banane ! Et j'en profite aussi pour saluer et remercier tous ces Italiens présent sur la course pour nous encourager.

Au final, je retiens trois temps de ce parcours : un premier, assez mitigé avec ses 45-50' de route dans la première heure de course... Un second, juste MAGIQUE (pour celui qui aime la montagne et les tracés techniques) et un dernier, à l'image du premier, car la course se finit de nouveau en descente sur route, les 15-20 dernières minutes.

Inutile de préciser que je suis déçu de mettre perdu et de n'avoir pue défendre ma place dans les 10 premiers mais c'est le jeu : le terrain très technique nécessite une concentration optimale et une connaissance des lieux qui peux être très utile... RDV dans deux ans !

D'ici là, dernière échéance de cette saison dans 4 semaines du côté de Buis les baronnies (Drôme), pour défendre mon titre dans ma catégorie mais surtout pour faire mieux que l'an passé au scratch, lors des championnats de France de trail longue distance. Reconnaissance du parcours prévu dans deux week-end. A suivre...

A pouette !

Aurel   

Résultats complets : http://www.trofeokima.org/images/classifiche/kima-results-2014.pdf

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